To see the world, things dangerous to come to, to see behind walls, draw closer, to find each other and to feel. That is the purpose of life.

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Après un mois de Grand Journal, le bilan...


Quand deux copines passionnées par le monde de la culture et des médias se retrouvent autour d'un sujet pour un article à quatre mains.

POUR : Anaïs 


J'étais la première à sauter de joie en apprenant la nouvelle. Ok, j'étais probablement l'une des premières à sauter de joie en apprenant la nouvelle. Pas que je sois une groupie, non plus. Mais voilà, Antoine de Caunes, pour moi, c'est comme un bonbon Lutti, un bon, un vrai de vrai quoi. Piquant, acidulé, juste à la fois. Bref, le digne héritier de l'esprit Canal était de retour et ça, c'était l'un des meilleurs présages touchant à mon poste télévisé depuis quelques bonnes années. D'autant que Le Grand Journal s'était aseptisé, boboïsé - à moins qu'il ne l'ait toujours été - , aplati comme une crêpe fadasse - pour reprendre la métaphore Lutti. Au point d'inviter Nabilla comme une prêtresse de l'audiovisuel, chroniqueurs et animateurs confondus toute langue pendue aux niaiseries débitées à la seconde de cette impératrice du vide télévisuel - et sociétal.
Si je suivais donc l'avis de tous mes confrères et consoeurs, compatriotes de de Caunes Land ne s'étant réveillés que depuis l'annonce des seconds pas de Didier L'Embrouille et compagnons, je devrais alors exprimer mon désarroi, ma frustration, et peut-être, même, ma colère. Et frustrée je le suis, oui, ce serait mentir que d'affirmer avec aplomb l'exact contraire. Pour autant, je ne participerai pas de ce bashing incommensurable dézinguant en 2013 à tout programme en 16/9 nouvellement lancé à peine ses premiers mots à l'antenne murmurés.
Car le vrai problème du Grand Journal se situe, en vérité, là encore où il a toujours résidé. Dans des protagonistes solidement installés, luttant férocement pour conserver leur hégémonie malsaine, sectaire, à la tête d'une chaîne câblée au succès affirmé. Pourquoi avoir donc conservé Jean-Michel Aphatie - ou Apathie - , sniper dégoulinant d'affinités politiques incontrôlées, utile seulement par un accent sciemment marqué rapidement éreintant ? Pourquoi avoir fait venir Jeannette Bougrab - erreur directement accomptable au roi Antoine, je le reconnais - , plante verte balbutiante, respirant le consensus comme personne ? Pourquoi n'être pas allé jusqu'au bout d'une réforme conceptuelle, tendant vers l'américanisation du talk-show qui, peut-être un jour, lorsqu'elle sera assez audacieuse pour être osée, séduira autant les Français qu'elle le fait outre-Atlantique ?
Ceci étant, merci pour Augustin Trapenard et sa verve toujours aussi délicieusement - et délicatement - aiguisée, Antoine. Merci pour les magnétos rythmés, dynamitant des interviews longuettes - encore Jeanette - insufflant le mordant que l'on te connaît. Merci pour cette deuxième partie préparée, réimbriquant un délectable malaise dans ce Lego conventionnel, donnant une consistance agréable à un François Damiens ou un Elie Semoun pourtant de ma personne peu appréciés, changeant la donne dans ces préfabriqués - pourtant spontanés - installés jusqu'à la TNT. Merci pour Arié Elmaleh, nouveau fantasme masculin numéro un de la télé.
Mais surtout, Antoine, impose-les, tes idées, porte-les, tes idéaux. Balade-les, ces robots carburant à l'audimat sans saveur, montre leur que toi seul peut recréer à l'écoute de ce générique un réel bonheur. Car rassure-toi, malgré ces petites désynchronisations de débutant, tu as largement rafraîchi l'archaïsme rutilant d'un Denisot qui, même à son apogée, demeurait substantiellement absent. So you gotta do it, do it, do it, and take it, take it, you gotta have it, have, it, have it, now don't you think about it.

CONTRE : Lucie


J'étais la première à ne pas sauter de joie en apprenant la nouvelle. Non pas que je déteste De Caunes détrompez vous. C’est lui qui une fois dans l’année - à l’occasion des Césars -  parvient à produire chez moi quelques éclats de rire. Car ce n’est un scoop pour personne : je n’ai pas d’humour. Non ce n’est pas que je ne l’aime pas, disons plutôt que je savais déjà que je ne l’aimerais pas dans ce rôle. Celui du passe-plat bien poli.
Il faut que je vous dise, Le Grand Journal avant c’était ma religion, mon petit instant pour toujours rester dans le coup politiquement, musicalement, cinématographiquement. Mais ça c’était avant. Entre temps Ollivier Pourriol avait brisé mes illusions par sa comédie On/off,  Nabilla était venue se pavaner en robe Jean-Paul Gautier et la miss météo n’arrivait plus à se faire se dessiner sur mes lèvres l’once d’un sourire… (l'eut-elle fait un jour...)
Lundi 26 aout,  19h10, retour des vacances je suis fatiguée mais au rendez vous… pour assister à une sublime catastrophe. Un faux départ que j’avais bien pressenti venir malgré toutes les promesses annoncées et relayées par les médias. Quatre chroniqueurs (pourquoi autant on se le demande encore) trônent face au ministre de l’intérieur et retombent dans les affres d’antan. Invités sans cesses interrompus, temps quasiment chronométré de manière militaire, questions trop rapides et bien souvent inutiles… Augustin tel Ollivier autrefois fait ce jour là office de pot de fleur. Peu de nouveautés à l’horizon donc. Après la première partie j’ai juste envie de tout couper et de boire un thé en oubliant ces immondices, mais je me force à regarder la suite.
Et là je vais de soupirs en soupirs. Arié Elmaleh (qui aurait certainement été plus à sa place dans le Petit Journal) peine à justifier sa présence. La miss météo belle mais inutile est de retour. Et puis j’attendais tellement de la promesse de talk-show à l’américaine (même si l’idée des sketches m’ennuyait déjà à mourir). En fait pas grand-chose n’avait changé, d’émission en émission tout semblait juste de plus en plus écrit et scénarisé par une ribambelle d’auteurs. Et ce dans une course effrénée à l’audimat. Jeanette se contente de faire office de sa présence dans une nouvelle robe. Parfois là, parfois pas là. Le Grand journal me donne désormais l’image d’un grand bazar jamais sérieux mais jamais drôle pour autant. Il a perdu de sa solennité et de son sérieux mais n’a pas su les remplacer par la légèreté annoncée. Bien que j’admette l’arrivée de bons progrès depuis quelque temps il faudra encore beaucoup de travail à Canal pour réussir à me faire accrocher.
Le soir maintenant ma télévision reste souvent éteinte. J’ai perdu l’excitation qui me prenait à l’entente du générique. On s’amuse bien plus désormais avec On n’est pas couché, véritablement les seuls à marier sérieux et drôleries dans un format qui laisse une grande place à l’invité, chose que le Grand Journal ne sait définitivement pas faire...


3 commentaires:

Coline Chavaroche a dit…

Un article très bien écrit!
bravo les filles

Http://Fashioneiric.blogspot.com

Coline ♡

♥ Les Folies de Magalie ♥ a dit…

Hahahahaha!J'ai adoré vous lire les filles!Pour ma part, au vu des arguments des unes et des autres, je dirais que je suis...ENTRE LES DEUX!hahahaha!Je sais c'est de la triche mais vos 2 récits m'ont convaincu.Et j'avoue que le Grand Journal, n'est plus ce que c'était...Bisous

http://www.les-folies-de-magalie.com/

♥ Les Folies de Magalie ♥ a dit…

Hahahahaha!J'ai adoré vous lire les filles!Pour ma part, au vu des arguments des unes et des autres, je dirais que je suis...ENTRE LES DEUX!hahahaha!Je sais c'est de la triche mais vos 2 récits m'ont convaincu.Et j'avoue que le Grand Journal, n'est plus ce que c'était...Bisous

http://www.les-folies-de-magalie.com/